{"id":172,"date":"2019-09-09T17:25:09","date_gmt":"2019-09-09T16:25:09","guid":{"rendered":"http:\/\/jawad-boulos.org\/?p=172"},"modified":"2019-09-09T17:25:09","modified_gmt":"2019-09-09T16:25:09","slug":"la-geograpgie-facteur-essentiel-de-lhistoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jawad-boulos.org\/?p=172","title":{"rendered":"LA GEOGRAPGIE, FACTEUR ESSENTIEL DE L\u2019HISTOIRE"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>I. Influence du milieu physique sur les soci\u00e9t\u00e9s humaines<\/strong><br>\n\u00ab L\u2019histoire humaine plonge par toutes ses racines\u2026 dans la r\u00e9alit\u00e9 \nmat\u00e9rielle terrestre\u2026 sur la carte du monde, les grandes taches \nd\u2019humanit\u00e9 vivante se marquent longtemps aux m\u00eames places\u2026 Les formes \norganis\u00e9es de l\u2019activit\u00e9 humaine doivent toujours, pour durer, \ncorrespondre soit \u00e0 des moies, soit du moins \u00e0 des stades de \nl\u2019adaptation parfaite de cette activit\u00e9 au cadre g\u00e9ographique \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>1. Le milieu g\u00e9ographique et son action sur les hommes.<\/strong><br>\nTous les biologistes sont aujourd\u2019hui d\u2019accord pour reconna\u00eetre que \u00ab \ntout \u00eatre vivant r\u00e9sulte de l\u2019interaction de deux composantes \nessentielles : le patrimoine h\u00e9r\u00e9ditaire et le milieu physique \u00bb.<br>\nLe milieu physique ou g\u00e9ographique, c\u2019est-\u00e0-dire \u00ab l\u2019espace mat\u00e9riel et \nles conditions naturelles qui entourent et influencent les \u00eatres vivants\n \u00bb, agit \u00e0 tous les moments de la vie, depuis la f\u00e9condation jusqu\u2019\u00e0 la \nmort. L\u2019ensemble de ces facteurs exerce sur l\u2019organisme une action \nimportante, \u00ab non seulement en biologie et en physiologie, mais aussi en\n psychologie \u00bb. Il marque les individus de traits g\u00e9n\u00e9raux plus ou moins\n communs, tant physiques que psychiques. Plac\u00e9 dans de nouvelles \nconditions naturelles, l\u2019organisme s\u2019adapte \u00e0 celles-ci, en y r\u00e9pondant \npar \u00ab des changements physiologiques et psychologiques, qui peuvent \u00eatre\n ou non accompagnes de changements morphologiques \u00bb. \u00ab La r\u00e9partition \ng\u00e9n\u00e9rale des diverses races qui constituent aujourd\u2019hui l\u2019espace humaine\n est en corr\u00e9lation \u00e9vidente avec la g\u00e9ographie actuelle \u00bb (E. \nCavaignac).<br>\n\u00ab Le milieu physique r\u00e9sulte \u00e0 la fois du climat, de la nature du sol et\n de la situation g\u00e9ographique \u00bb (Mortet). Ce sont surtout le climat et \nla nourriture fournie par le sol qui marquent les \u00eatres vivants d\u2019une \nempreinte particuli\u00e8re et durable. \u00ab Il est incontestable que la \ns\u00e9cheresse, l\u2019humidit\u00e9, la plus ou moins grande violence du vent, la \nchaleur, la lumi\u00e8re, l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 m\u00eame peuvent modifier temporairement \nou d\u2019une fa\u00e7on permanente les caract\u00e8res personnels des \u00eatres vivants, \nanimaux ou v\u00e9g\u00e9taux, l\u2019abondance, la raret\u00e9, la nature de l\u2019alimentation\n ont une influence plus grande encore \u00bb.<br>\n\u00ab Le climat stimule ou ralentit l\u2019activit\u00e9 de l\u2019homme. Froid, il \nd\u00e9veloppe l\u2019\u00e9nergie, l\u2019aptitude ou travail, le go\u00fbt de l\u2019ind\u00e9pendance\u2026 \nChaud, il favorise la paresse et excite les passions violentes\u2026 \u2014 Le sol\n \u2026 influe sur la nourriture de l\u2019homme, sur l\u2019accroissement de la \npopulation, sur la production et la r\u00e9partition des richesses ; par \nsuite, sur la formation des classes sociales et le d\u00e9veloppement des \ninstitutions politiques\u2026 \u2014 La situation g\u00e9ographique d\u2019une r\u00e9gion \nd\u00e9termine en grande partie la forme et la direction que prend l\u2019activit\u00e9\n du peuple qui l\u2019habite.<br>\nAinsi, \u00ab dans les contr\u00e9es chaudes, fertilis\u00e9es par de grands fleuve, \ncomme celles qu\u2019arrosent le Nil, l\u2019Euphrate, le Cange,\u2026 l\u2019homme trouve \nsans effort le peu de nourriture dont il a besoin, la population \naugmente rapidement, le taux des salaires reste bas, la condition des \ntravailleurs est mis\u00e9rable\u2026 Dans les r\u00e9gions froides ou temp\u00e9r\u00e9es de \nl\u2019Europe, o\u00f9 la terre est moins lib\u00e9rale et o\u00f9 l\u2019homme a besoin d\u2019une \nnourriture plus substantielle, la population est, en g\u00e9n\u00e9ral, moins \ndense, les salaires sont plus \u00e9l\u00e8ves, l\u2019in\u00e9galit\u00e9 de richesse et de \npouvoir est moindre entre les classes sociales\u2026 Dans les pays de \nsteppes, o\u00f9 la vie pastorale\u2026 impose \u00e0 l\u2019homme des fr\u00e9quentes \nmigrations, la forme naturelle de la soci\u00e9t\u00e9 est la famille, le pouvoir \nest patriarcal, la propri\u00e9t\u00e9 individuelle s\u2019\u00e9tablit de bonne heure, les \nhommes se groupent rapidement en tribus et en cit\u00e9s\u2026 Les pays baign\u00e9s \npar la mer, dont les c\u00f4tes tr\u00e8s d\u00e9coup\u00e9es sont pourvues de ports \nnombreux et s\u00fbrs, comme la Gr\u00e8ce, la Ph\u00e9nicie, L\u2019Angleterre, sont des \npays de navigateurs, de commer\u00e7ants et de colonisateurs. Les pays \nmontagneux\u2026 enferment des peuples moins sociables, jaloux de leur \nlibert\u00e9, \u00e9nergiques et sobres.<br>\n\u00ab Le bon sens enseigne quelques rapports simples : les montagnes et les \nd\u00e9serts s\u00e9parent, les cols et les plaines appellent les invasions, les \nvoies d\u2019eau facilitent la p\u00e9n\u00e9tration et les \u00e9changes, les points d\u2019eau \nsollicitent le peuplement, les sols g\u00e9n\u00e9reux font les nations agricoles,\n les sous-sols riches font les nations industrielles ; les climats \npolaires et tropicaux \u00e9loignent les civilisations, les climats temp\u00e8res \nles favorisent \u00bb.<br>\n\u00ab Enfin, le caract\u00e8re sp\u00e9cial que donnent \u00e0 l\u2019ensemble d\u2019une r\u00e9gion son \nclimat, son sol et sa topographie, l\u2019aspect particulier qu\u2019y prend la \nnature, exerce une influence d\u00e9cisive sur les conceptions religieuses, \nphilosophiques de ses habitants \u00bb.<br>\nEn conclusion, \u00ab l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un r\u00f4le actif jou\u00e9 par le milieu n\u2019a plus\n besoin d\u2019\u00eatre confirm\u00e9 : elle ne demande qu\u2019\u00e0 \u00eatre pr\u00e9cis\u00e9e\u2026 Le climat,\n le terrain, la nourriture exercent une action physico-psychologique \ndirecte. Peut-\u00eatre aussi le paysage\u2026 Indirectement, la mani\u00e8re de vivre \nque le milieu entra\u00eene, r\u00e9agit sur la formation du caract\u00e8re\u2026 Le milieu \nagit historiquement\u2026 la \u2018situation\u2019 invite les groupes humains au \nmouvement ou, au contraire, leur limite l\u2019espace : la \u00ab fronti\u00e8re \u00bb les \nfait communiquer entre eux plus ou moins facilement, les met plus ou \nmoins en contact et en conflit\u2026 Le milieu solidaire que constituent les \nparties du globe terrestre est un facteur essentiel du l\u2019histoire \u00bb.<br>\n\u00ab On peut constater, d\u00e8s le ??? \u2013huiti\u00e8me si\u00e8cle, \u00e9crit J. Mancini, \nl\u2019existence sur le continent am\u00e9ricain, d\u2019une nouvelle race \nqu\u2019ind\u00e9pendamment des croisements, les influences climat\u00e9riques et \nr\u00e9gionales commen\u00e7aient \u00e0 constituer \u00bb (J. Mancini, Bol\u00edvar et \nl\u2019\u00e9mancipation de colonies espagnoles, p.21).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>2. Les caract\u00e8res humains et l\u2019action du milieu.<\/strong><br>\nDe m\u00eame que les combinaisons vari\u00e9es des diverses conditions naturelles \n(climat, sol, situation) constituent les divers milieux g\u00e9ographiques, \nde m\u00eame les combinaisons variables des qualit\u00e9s et des d\u00e9fauts inh\u00e9rents\n \u00e0 l\u2019esp\u00e8ce humaine constituent, dans les diff\u00e9rents milieux \ng\u00e9ographiques, les divers caract\u00e8res humains, physiques et psychiques, \nindividuels et collectifs.<br>\nLes caract\u00e8res humains sont donc aussi vari\u00e9s que les milieux physiques \nqui les ont fa\u00e7onn\u00e9s. Aussi, des r\u00e9gions voisines et g\u00e9ologiquement \nsemblables, mais dont le climat et le sol sont diff\u00e9rents, \nmarquent-elles leurs habitants respectifs de traits g\u00e9n\u00e9raux plus ou \nmoins distincts. D\u2019autre part, \u00ab il y a des milieux dont l\u2019empreinte est\n plus ou moins profonde et durable \u00bb (H. Berr). Il en est d\u2019autres, par \ncontre, dont l\u2019empreinte est presque insignifiante.<br>\nDans les caract\u00e8res humains, on doit distinguer deux cat\u00e9gories \nd\u2019\u00e9l\u00e9ments. Les uns, inn\u00e9s et instinctifs, sont h\u00e9r\u00e9ditaires et \nrelativement permanents ; les autres, acquis et externes, sont \nsecondaires et variables.<br>\n<strong>a. Les caract\u00e8res inn\u00e9s ou h\u00e9r\u00e9ditaires<\/strong><br>\n\u00ab Sous l\u2019influence prolong\u00e9e du milieu physique, de la culture \nintellectuelle et morale et des n\u00e9cessit\u00e9s de la lutte pour l\u2019existence,\n chacune des grandes soci\u00e9t\u00e9s ou races humaines se distingue des autres \npar un certain nombre de traits particuliers, que l\u2019h\u00e9r\u00e9dit\u00e9 transmet \nd\u2019une mani\u00e8re plus ou moins visible \u00e0 tous les individus du m\u00eame groupe \net qui composent le type propre de cette race. Quelques uns de ces \ntraits physiques, comme la couleur de la peau ou la forme du cr\u00e8me, mais\n la plupart et les plus importants sont psychologiques et se rapportent \u00e0\n l\u2019intelligence et au caract\u00e8re \u00bb.<br>\n\u00ab Le caract\u00e8re d\u2019un homme, psychologiquement parlant, c\u2019est sa marque \npropre, ce qui le distingue des autres. Or l\u2019intelligence nous distingue\n relativement peu\u2026 Au contraire, \u2026 nous diff\u00e9rons plus ou moins \nprofond\u00e9ment par l\u2019\u00e9nergie et la direction dominante de la volont\u00e9, par \nles tendances, les affections, les passions\u2026 Le fond premier du \ncaract\u00e8re, c\u2019est le naturel, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019ensemble des dons inn\u00e9s de \nl\u2019individu, surtout de ses dispositions actives et affectives, \nant\u00e9rieurement aux modifications qu\u2019y appartenant le milieu, \nl\u2019exp\u00e9rience et l\u2019habitude (\u00e9l\u00e9ments acquis)\u2026 Les connaissances sont \npour peu dans le caract\u00e8re et restent comme \u00e0 la surface \u00bb.<br>\nLes caract\u00e8res inn\u00e9s ou h\u00e9r\u00e9ditaires sont donc des dispositions \ninternes, des \u00ab comportements instinctifs \u00bb. Tels sont, par exemple, \nl\u2019\u00e9nergie, la volont\u00e9, le courage, les tendances, les affections, les \npassions, etc. Ces caract\u00e8res, qu\u2019on pourrait qualifier d\u2019ethniques, \nraciaux, nationaux, essentiels ou fondamentaux, marquent un peuple d\u2019une\n empreinte particuli\u00e8re, gouvernent son \u00e9volution et le distinguent des \nautres peuples. \u00ab La th\u00e8se fondamentale de la psychologie historique de \nGustave Lebon, d\u2019apr\u00e8s laquelle les peuples sont gouvern\u00e9s, non par \nleurs institutions, mais par leur caract\u00e8re, exprime une v\u00e9rit\u00e9 capitale\n et universelle \u00bb.<br>\nMod\u00e8les et fixes par le milieu physique, dont les conditions sont en \nprincipe stables, et transmis par l\u2019h\u00e9r\u00e9dit\u00e9, les caract\u00e8res \nh\u00e9r\u00e9ditaires sont relativement permanents. Ils marquent de leur \nempreinte durable le groupement social d\u2019une r\u00e9gion, tout au long de son\n \u00e9volution historique. Cette action \u00ab modelant \u00bb du milieu g\u00e9ographique,\n qui ne s\u2019arr\u00eate presque jamais, est confirm\u00e9e par la science \narch\u00e9ologique et attest\u00e9e par l\u2019histoire.<br>\nLes squelettes fossiles exhum\u00e9s en Afrique orientale, en Australie, en \nAm\u00e9rique du Nord et du Sud, montrant respectivement d\u2019\u00e9troites \nressemblances avec les individus indig\u00e8nes qui habitent actuellement les\n r\u00e9gions o\u00f9 ces squelettes furent trouv\u00e9s. Le facies g\u00e9n\u00e9ral des \nEgyptiens, des Assyriens, des Hittites anciens, etc., figur\u00e9 sur les \nsculptures ou pointures des monuments de ces peuples, se retrouve assez \nsemblable dans le type de leurs successeurs modernes. D\u2019autre part, les \ntextes \u00e9gyptiens, assyro-babyloniens, bibliques et grecs, attestent que \nles caract\u00e8res psychologiques des divers peuples du Proche-Orient ancien\n ressemblent, dans leurs grands traits, \u00e0 ceux des peuples qui habitent \naujourd\u2019hui leurs pays respectifs.<br>\nLa fixit\u00e9 des caract\u00e8res h\u00e9r\u00e9ditaires et fondamentaux est li\u00e9e, en \nprincipe, \u00e0 la stabilit\u00e9 des conditions qui ont collabor\u00e9 \u00e0 leur \nformation. D\u2019o\u00f9 il suit que ces caract\u00e8res peuvent \u00eatre \nexceptionnellement modifi\u00e9s, soit \u00e0 la suite d\u2019un changement de milieu \nphysique, soit encore, dans le cadre d\u2019un m\u00eame habitat, lorsque le \ngroupe humain se m\u00e9lange avec des \u00e9l\u00e9ments allog\u00e8nes. Dans les deux cas \ncependant, cette modification est plus ou moins temporaire : l\u2019action du\n milieu naturel, par sa puissance et sa constance, ram\u00e8ne \nprogressivement les caract\u00e8res modifi\u00e9s \u00e0 l\u2019empreinte distinctive des \npopulations autochtones.<br>\nIl importe enfin de noter que les m\u00e9langes apparaissent souvent, surtout\n au debout, comme un facteur de rajeunissement, de r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration, de \nd\u00e9veloppement. Mais cette r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration biologique, due \u00e0 l\u2019action d\u2019un \nsang nouveau, est, elle aussi g\u00e9n\u00e9ralement temporaire. Au bout de \nquelques g\u00e9n\u00e9rations \u2014- trois en moyenne \u2014- l\u2019action stimulante de la \ngreffe \u00e9trang\u00e8re dispara\u00eet et le m\u00e9lange, stabilis\u00e9 avec le temps et \nfa\u00e7onn\u00e9 par le milieu naturel, recouvre sa vie psychique d\u2019autrefois, \ntelle que la d\u00e9terminent les caract\u00e8res ataviques et le milieu \nenvironnant.<br>\n<strong>b. Les caract\u00e8res acquis, \u00e9l\u00e9ments externes et variables.<\/strong><br>\nLes caract\u00e8res acquis sont principalement d\u00e9termin\u00e9s par l\u2019\u00e9ducation et \npar les faits \u00e9conomiques et sociaux. Les diverses mani\u00e8res de vivre que\n le milieu entra\u00eene, et surtout le mode de travail qu\u2019il favorise, \ncr\u00e9ent \u00e0 l\u2019homme des obligations, des habitudes et des aptitudes, qui se\n r\u00e9percutent dans sa vie et son activit\u00e9 et fa\u00e7onnent ses caract\u00e8res \nacquis ou sociaux, \u00e9l\u00e9ments externes, intransmissibles par l\u2019h\u00e9r\u00e9dit\u00e9 et\n essentiellement variables.<br>\nLes caract\u00e8res acquis, parmi lesquels on doit ranger le langage, la \nreligion, la civilisation, les institutions politiques, l\u2019organisation \n\u00e9conomique, etc., sont : les habitudes et contenues sociales, les \nconnaissances sp\u00e9cialis\u00e9es, les aptitudes particuli\u00e8res, les genres de \nvie et, en g\u00e9n\u00e9ral, toutes les satisfactions mat\u00e9rielles de \nl\u2019intelligence et de l\u2019activit\u00e9 humaine : alimentation et logis, \nhabillement et parures, armes de guerre et instruments des travaux de la\n paix, cultures et industries, moyens de transport et d\u2019\u00e9changes, f\u00eates \net c\u00e9r\u00e9monies religieuses, etc.<br>\nComportements appris depuis la naissance, les caract\u00e8res acquis, qui \nsont, \u00ab en grande partie, d\u00e9termines par les \u00e9v\u00e9nements psychiques de la\n petite enfance et aussi par la tradition familiale ou confessionnelle, \npar la classe sociale, la communaut\u00e9 nationale, etc.,\u2026 ne sont jamais \ntransmis \u00e0 la descendance\u2026 L\u2019intransmissibilit\u00e9 de l\u2019acquis, aussi bien \nmoral que physique, est une des certitudes les mieux se sises de la \nscience moderne\u2026 Tout ce que l\u2019homme s\u2019ajoute par le savoir, la \nr\u00e9flexion ou la discipline, lui reste ext\u00e9rieur et superficiel \u00bb. \u00ab Les \nmutilations (circoncision des s\u00e9mites depuis des temps imm\u00e9moriaux, \npieds estropi\u00e9s des chinoises, etc.) ne sont pas h\u00e9r\u00e9ditaires \u00bb.<br>\n\u00c9l\u00e9ments acquis ou appris \u00ab les connaissances sont pour peu dans le caract\u00e8re et restent comme \u00e0 la surface \u00bb (Marion).<br>\n\u00ab Aucune culture n\u2019efface les instincts ancestraux \u00bb (G. Lebon).<br>\n\u00ab Tous les traits de l\u2019homme sauvage et barbare vivent chez l\u2019homme \ncivilis\u00e9, sous des formes plus ou moins att\u00e9nu\u00e9es, et constituent ce \nqu\u2019on pourrait appeler les dessous de l\u2019histoire. Celle-ci nous \napparait, en regard de la dur\u00e9e de l\u2019existence de l\u2019humanit\u00e9, comme le \nproduit toujours mal assur\u00e9 de l\u2019effort obstin\u00e9 des intelligences \nd\u2019\u00e9lite, comme la supr\u00eame floraison de certains \u00e9l\u00e9ments de culture \n(langue, \u00e9criture, organisation politique), qu\u2019un vent de barbare \npourrait, \u00e0 ce qu\u2019il semble, facilement dess\u00e9cher \u00bb.<br>\nEn ce qui concerne plus particuli\u00e8rement la religion, il est ind\u00e9niable \nque \u00ab convertit un peuple (ou un individu) \u00e0 une nouvelle religion ne \nmodifie pas sa nature\u2026 En \u00ab homme, les croyances de peinture, sans se \nm\u00ealer, sans s\u2019annuler. L\u2019ancien ton demeure et transparait \u00bb.<br>\nEn cons\u00e9quence, la transformation totale ou partielle des caract\u00e8res \nacquis, qui s\u2019effectue souvent \u00e0 la suite d\u2019une conqu\u00eate ou invasion \n\u00e9trang\u00e8re, d\u2019une r\u00e9volution sociale, \u00e9conomique ou politique, d\u2019une \nr\u00e9forme religieuse, d\u2019une invention scientifique, etc. entra\u00eene pas \nn\u00e9cessairement une transformation corr\u00e9lative des caract\u00e8res \nh\u00e9r\u00e9ditaires et fondamentaux, qui font l\u2019\u00e2me des peuples et sont en \nprincipe permanents. C\u2019est le changement de langue, de religion, \nd\u2019instructions, de nom, qui s\u2019est op\u00e9r\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises, au cours \ndes si\u00e8cles passes dans de nombreux pays, \u00e0 la suite d\u2019une invasion ou \nconqu\u00eate \u00e9trang\u00e8re, qui a fait croire que, dans ces divers pays et \u00e0 \ncertaines p\u00e9riodes de leur histoire respective, une nouvelle race ou \nfamille ethnique a refoul\u00e9 ou extermin\u00e9 l\u2019ancienne, et pris sa place.<br>\nEn r\u00e9alit\u00e9, ce sont les m\u00eames peuples, plus ou moins remues \u00e0 la suite \nde leur m\u00e9lange ou de leur contact avec les \u00e9trangers, qui, tout en \nchangeant de nom, de langue ou de religion, ont respectivement conserv\u00e9 \nou recouvr\u00e9, avec le temps, leurs caract\u00e8res h\u00e9r\u00e9ditaires originels, \nfa\u00e7onn\u00e9s par le milieu naturel. Et ce sont plut\u00f4t les envahisseurs \neux-m\u00eames qui, presque toujours tr\u00e8s inferieurs en nombre par rapport \naux indig\u00e8nes conquis, sont g\u00e9n\u00e9ralement absorbes et assimiles par ces \nderniers ou modifies par le milieu environnant. La longue histoire des \npeuples du Proche-Orient et les multiples transformations externes dont \nils furent l\u2019objet depuis les origines, suffiraient \u00e0 prouver ces \nv\u00e9rit\u00e9s sup\u00e9rieures.<br>\nEn conclusion, la nature externe, non h\u00e9r\u00e9ditaire et variable des \ncaract\u00e8res acquis fait que l\u2019homme qui, par la science et la technique. A\n transform\u00e9 le monde de notre \u00e9poque, n\u2019a gu\u00e8re chang\u00e9 lui-m\u00eame, depuis \nles origines, dans ses instincts profonds, et l\u2019aspect humain des \nprobl\u00e8mes politiques et sociaux de l\u2019humanit\u00e9 d\u2019aujourd\u2019hui ne s\u2019est \ngu\u00e8re modifi\u00e9. Les caract\u00e8res h\u00e9r\u00e9ditaires, fondamentaux et relativement\n permanents, qui gouvernent l\u2019\u00e9volution et l\u2019activit\u00e9 des hommes, ne \nsont gu\u00e8re modifi\u00e9e par ces transformations externes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>3. Individualit\u00e9 g\u00e9ographique et groupement social (peuple ou nation).<\/strong><br>\n<strong>a. Individualit\u00e9 g\u00e9ographique<\/strong><br>\nEn g\u00e9n\u00e9ral, et aux yeux de l\u2019histoire, ce qui particularise un \ngroupement humain (peuple ou nation) et contribue \u00e0 lui constituer une \nindividualit\u00e9 collective et une unit\u00e9 organique et sociale, c\u2019est son \u00ab \nunion \u00bb \u00e9troite avec le territoire o\u00f9 il vit. \u00ab Entre une terre et le \npeuple qui l\u2019habite,\u2026 se forment des relations r\u00e9ciproques qui sont \nd\u2019autant plus nombreuses et entrem\u00eal\u00e9es que le peuple est fixe depuis \nplis longtemps sur le pays \u00bb. Des sociologues modernes \u00ab ont abouti \u00e0 la\n d\u00e9termination d\u2019aires fonctionnellement homog\u00e8nes, a l\u2019int\u00e9rieur \ndesquelles les faits sociaux pr\u00e9sentent les m\u00eames caract\u00e8res \u00bb. \u00ab Une \nindividualit\u00e9 naturelle est une force qui attire dans son orbite le \nsph\u00e8re d\u2019activit\u00e9 humaine \u00bb (V. de la Blache).<br>\nNous avons vu que le milieu physique r\u00e9sulte \u00e0 la fois du climat, de la \nnature du sol et de la situation g\u00e9ographique, et que ce sont surtout le\n climat et la nourriture qui marquent les \u00eatres vivants d\u2019une empreinte \nparticuli\u00e8re et durable. Mais c\u2019est surtout le climat, c\u2019est-\u00e0-dire la \ncombinaison des \u00e9l\u00e9ments m\u00e9t\u00e9orologiques, qui individualise plus ou \nmoins un milieu g\u00e9ographique, en en faisant une r\u00e9gion homog\u00e8ne, une \nunit\u00e9 naturelle. \u00ab C\u2019est le climat qui donne un caract\u00e8re d\u2019unit\u00e9 et \npresque d\u2019uniformit\u00e9 a une r\u00e9gion g\u00e9ologiquement diff\u00e9renci\u00e9e qui, \nplac\u00e9e dans d\u2019autres conditions m\u00e9t\u00e9orologiques, aurait permis \nl\u2019individuation de nombreuses unit\u00e9s r\u00e9gionales \u00bb<br>\n\u00ab A latitude \u00e9gale,\u2026 les climats de montagne sont plus froids que les \nclimats de plaine\u2026 La mer est un puissant r\u00e9gulateur ; s\u2019\u00e9chauffant et \nse refroidissant moins vite que la terre, elle emp\u00eache les grandes \nvariations de temp\u00e9rature dans le cours de l\u2019ann\u00e9e et m\u00eame de la \njourn\u00e9e. Elle cr\u00e9e, par contre, des masse4s de nuages qui se r\u00e9solvent \nen pluies abondantes\u2026 Les moindres diff\u00e9rences entre deux points tr\u00e8s \nvoisins peuvent avoir une influence s\u00e9rieuse sur leurs climats\u2026 Tous les\n accidents du sol, tous les changements de direction des vall\u00e9es, en un \nmot, les circonstances particuli\u00e8res les plus diverses peuvent agir et \nmodifier, par des lois sp\u00e9ciales, les influences g\u00e9n\u00e9rales de climat \u00bb.<br>\nIl en r\u00e9sulte que, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une zone terrestre, le climat zonal, \nqui donne aux diverses r\u00e9gions de cette zone un climat g\u00e9n\u00e9ral qui les \napparente les unes aux autres, se subdivise en climats r\u00e9gionaux, \nr\u00e9sultant de diff\u00e9renciations g\u00e9ographiques des r\u00e9gions. \u00ab A une \u00e9chelle\n encore plus petite, les climats r\u00e9gionaux comportent \u00e0 leur tour des \nfacies g\u00e9ographiques qui sont les climats locaux, r\u00e9sultant chacun d\u2019un \nfacteur g\u00e9ographique local \u00bb.<br>\n\u00ab En somme, les climats r\u00e9gionaux sont des facies g\u00e9ographiques nuan\u00e7ant\n un m\u00eame climat zonal \u00bb, tandis que les climats locaux nuancent un m\u00eame \nclimat r\u00e9gional.<br>\nA ces climats divises et subdivises correspondent des r\u00e9gions et des \nsous-r\u00e9gions g\u00e9ographiques plus ou moins individualis\u00e9es, qui forment \nune sorte de moules naturels, o\u00f9 s\u2019\u00e9laborent et se d\u00e9veloppent \nrespectivement des groupements sociaux plus ou moins homog\u00e8nes, marqu\u00e9s \nde traits g\u00e9n\u00e9raux plus ou moins communs tribu, peuple, nation, etc.<br>\nLes aires g\u00e9ographiques individualis\u00e9es, qui favorisent la formation et \nle d\u00e9veloppement des collectives humaines (peuples anciens, nations \nmodernes) et collaborent \u00e0 l\u2019orientation de leurs caract\u00e8res essentiels,\n se ram\u00e8nent a deux types d\u2019unit\u00e9 terrestre la r\u00e9gion naturelle et la \nr\u00e9gion historique.<br>\nLes r\u00e9gions naturelles \u00ab correspondent a des unit\u00e9s plus ou moins \n\u00e9tendues, mais dont toutes les parties ont un certain nombre de \ncaract\u00e8res pareils ou analogues g\u00e9ologiques, topographiques ou \nclimatologiques ; dans leur ensemble, ces r\u00e9gions sont ou tendent \u00e0 \u00eatre\n homog\u00e8nes. Elles sont regard\u00e9es l\u00e9gitiment comme des unit\u00e9s naturelles \n\u00bb.<br>\nQuant aux r\u00e9gions historiques, elles sont constitu\u00e9es par un ensemble de\n r\u00e9gions naturelles similaires, ou dissemblables mais compl\u00e9mentaires. \nPlus ou moins grandes comme superficie, ces r\u00e9gions, \u00ab que le climat et \ndes facteurs divers individualisent jusqu\u2019\u00e0 un certain point, \u2026 sont \nplis ou moins composites, et on y peut rechercher les \u2018unit\u00e9s \nnaturelles\u2019 composantes \u00bb. H\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes par d\u00e9finition, elles forment \ncependant des unit\u00e9s \u00e9conomiques et psychologiques et sont \u00ab fa\u00e7onn\u00e9s en\n unit\u00e9s politiques par les vouloirs humains \u00bb (Brunhes).<br>\n<strong>b. Individualit\u00e9 g\u00e9ographique et groupement social (peuple ou nation)<\/strong><br>\nDans son milieu g\u00e9ographique naturel ou historique, un groupement \nhumain, qui n\u2019est en g\u00e9n\u00e9ral qu\u2019un m\u00e9lange ethnique stabilis\u00e9, forment \nsouvent une unit\u00e9 psychologique r\u00e9elle, \u00ab Des races \u00e9trang\u00e8res les unes \naux autres finissent, en vivant sur le m\u00eame sol, par se confondre, alors\n que des races apparent\u00e9es les unes aux autres deviennent de plus en \nplus dissemblables, si elles vivent sur des sols diff\u00e9rents \u00bb. En \ns\u2019\u00e9tablissant \u00e0 demeure dans des r\u00e9gions diff\u00e9rentes, les races \nanthropologiques se d\u00e9composent et se multiplient en races historiques \nou groupes ethniques, \u2026 (qui) se m\u00ealent et se transforment dans les \npeuples et les nations\u2026 L\u2019unit\u00e9 physique, si elle a exist\u00e9, est \nremplac\u00e9e peu \u00e0 peu par l\u2019unit\u00e9 psychique, l\u2019unit\u00e9 de ressemblance par \nl\u2019unit\u00e9 de conscience \u00bb.<br>\nM\u00e9langes stabilises de races, de religions, de traditions et parfois \nm\u00eame de langues diff\u00e9rentes, les groupements humains, qui forment, dans \nleurs territoires respectifs, des collectivit\u00e9s plus ou moins homog\u00e8nes \n(peuples anciens, nations modernes), des \u00ab nations g\u00e9ographiques \u00bb, des \nindividualit\u00e9s ethnico-g\u00e9ographiques ou historiques. Ils constituent, \naux yeux de l\u2019histoire, de la politique et de la sociologie, des unit\u00e9s \npsychologiques, des r\u00e9alit\u00e9s vivantes, des individualit\u00e9s agissantes. Ce\n sont ces groupements composites qui sont les auteurs ou les acteurs des\n \u00e9v\u00e9nements historiques et politiques.<br>\nAinsi, la France, l\u2019Angleterre, l\u2019Espagne se sont respectivement \nperp\u00e9tu\u00e9es, dans leurs cadres g\u00e9ographiques et historiques, avec leurs \ncaract\u00e8res propres, malgr\u00e9 les changements successifs de langue, de \nreligion, de vie sociale, provoqu\u00e9s par les multiples invasions qui ont \nd\u00e9ferl\u00e9 sur ces pays au cours des si\u00e8cles pass\u00e9s. Inversement, les \nFran\u00e7ais, les Anglais, les Espagnols, qui avaient autrefois \u00e9migr\u00e9 an \nmasse au Canada, en Am\u00e9rique du Nord et du Sud, ont respectivement \nform\u00e9, dans les diverses contr\u00e9es du nouveau monde, des groupements \ng\u00e9ographiques, ethniques et politiques particuliers. Tout en conservant \nchacune la langue et la religion de leurs pays d\u2019origine, ces diverses \nnations g\u00e9ographiques du continent am\u00e9ricain sont, au point de vue de \nl\u2019histoire et de la politique, nettement distinctes les unes des autres,\n comme elles le sont \u00e9galement des nations europ\u00e9ennes dont elles sont \nissues. Le m\u00eame processus de migration et de modification ethnique s\u2019est\n maintes fois r\u00e9p\u00e8te, au cours des \u00e2ges, dans les pays du monde \nproche-oriental.<br>\n<strong>c. Conclusion.<\/strong><br>\nLe milieu g\u00e9ographique o\u00f9 vit un groupement humain (peuple ou nation) \nest un facteur essentiel, un \u00ab support \u00bb de son histoire. L\u2019histoire \nmoderne, qui cherche \u00e0 expliquer le pass\u00e9, consid\u00e8re comme indispensable\n l\u2019\u00e9tude du milieu g\u00e9ographique o\u00f9 vivent les peuples, en vue de \nd\u00e9couvrir l\u2019influence des conditions physiques sur leur formation et \nleur \u00e9volution historique et politique. La carte physique et la carte \npolitique d\u2019un pays s\u2019\u00e9clairent l\u2019une par l\u2019autre et sont ins\u00e9parables.<br>\n\u00ab Aussi, l\u2019essentiel, pour les hommes, est-il de conna\u00eetre avec \nexactitude la r\u00e9alit\u00e9 vraie des conditions naturelles qui encadrent leur\n vie, et de savoir toujours \u00e0 quels faits g\u00e9ographiques pr\u00e9cis ils \nauront \u00e0 tenir t\u00eate\u2026 Les revanches des faits physiques contrari\u00e9s sont \nd\u2019autant plus cruelles que la conqu\u00eate humaine avait \u00e9t\u00e9 grandiose et \nglorieuse \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>II. La nation et ses \u00e9l\u00e9ments constitutifs.<\/strong><br>\nLa confusion qui subsiste entre l\u2019id\u00e9e de nation, dans le sens moderne, \net celles de race, d\u2019ethnie, d\u2019Etat, de communaut\u00e9 linguistique ou \nreligieuse, etc., nous am\u00e8ne \u00e0 essayer d\u2019\u00e9claircir cette question \ncomplexe. Nous nous efforcerons d\u2019en scruter le contenu, en marquant les\n distinctions et en \u00e9tablissant les rapports entre les divers \u00e9l\u00e9ments \nqui constituent la communaut\u00e9 nationale. Pour tenter de donner une \nd\u00e9finition exacte de la nation moderne, il faut d\u2019abord chercher \u00e0 en \nd\u00e9terminer les \u00e9l\u00e9ments constitutifs essentiels.<br>\nD\u00e9finie, au XVIIe si\u00e8cle, par l\u2019unit\u00e9 de gouvernement et \nd\u2019administration existant sur un m\u00eame territoire, la nation d\u00e9signe, \u00e0 \npartir du XVIIe si\u00e8cle, l\u2019ensemble des citoyens qui, de leur propre \nconsentement, d\u00e9sirent vivre en commun dans un territoire d\u00e9termin\u00e9. \nElle se distingue nettement de l\u2019Etat, consid\u00e9r\u00e9 comme gouvernement et \nadministration de la soci\u00e9t\u00e9.<br>\nIl en r\u00e9sulte que les \u00e9l\u00e9ments essentiels qui constituent la nation \nmoderne et son principe d\u2019existence, c\u2019est la conscience de son unit\u00e9 et\n la volont\u00e9 de vivre ou de continuer \u00e0 vivre en commun, dans le cadre \nd\u2019un territoire d\u00e9fini. Ce territoire national correspond soit \u00e0 une \nr\u00e9gion g\u00e9ographique naturelle, soit \u00e0 une r\u00e9gion historique, compos\u00e9e \nd\u2019un ensemble de r\u00e9gions naturelles.<br>\nTerritoire d\u00e9fini et volont\u00e9 de vivre en commun, tels sont donc les \n\u00e9l\u00e9ments essentiels qui constituent la nation moderne. A ces deux \n\u00e9l\u00e9ments fondamentaux s\u2019ajoute un nombre plus ou moins grand d\u2019\u00e9l\u00e9ments \nsecondaires, \u00ab dont chacun peut faire d\u00e9faut sans que l\u2019unit\u00e9 de la \nnation ne soit affect\u00e9e \u00bb. Nous dirons d\u2019abord un mot de ces \u00e9l\u00e9ments \nsecondaires, repr\u00e9sent\u00e9s par la race, la langue, la culture, la \nreligion, l\u2019Etat.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>1. Race, tribu, ethnie, peuple, nation.<\/strong><br>\n<strong>a. La race<\/strong><br>\nLa race est un fait zoologique, c\u2019est \u00ab une somme d\u2019individus ayant une \nascendance commune et pr\u00e9sentant en commun des caract\u00e8res biologiques \nsuffisamment significatifs \u00bb : les races blanche, noire, jaune, etc. Ces\n races comportent \u00e0 leur tour des groupements plus petits ou sous-races,\n dont, pour la race blanche, les sous-races m\u00e9diterran\u00e9enne, alpine, \nnordique, etc.<br>\nDepuis les temps pr\u00e9historiques, ces races, et surtout les sous-races \nqui en d\u00e9rivent, n\u2019existent plus \u00e0 l\u2019\u00e9tat pur, \u00e0 cause des m\u00e9lang\u00e9s et \ndes croisements qui les ont m\u00e9tiss\u00e9es. Ce sont plut\u00f4t des familles \nethnologiques, des \u00ab groupes plus ou moins d\u00e9rives et m\u00e9lang\u00e9s, mais o\u00f9 \nl\u2019h\u00e9r\u00e9dit\u00e9 joue, ou semble jouer, un r\u00f4le important \u00bb (H. Berr), et qui \nse diff\u00e9rencient par des caract\u00e8res anthropologiques, et surtout \npsychologiques.<br>\n<strong>b. Tribu, ethnie, peuple.<\/strong><br>\nUne tribu est un groupe social et politique fond\u00e9 sur une parent\u00e9 \nethnologique r\u00e9elle ou suppos\u00e9e, chez les peuples \u00e0 organisation \nprimitive ou arri\u00e9r\u00e9e. \u00ab L\u2019individu, d\u00e8s sa naissance, est prisonnier du\n groupe dont il fait partie, qui lui impose ses s\u0153urs, ses croyances, \nson genre de vie\u2026 La solidarit\u00e9 des membres de ce groupe s\u2019\u00e9tend \u00e0 tous \nles domaines\u2026 Les rites, auxquels tous collaborent, ont pour objet \nd\u2019assurer la prosp\u00e9rit\u00e9 du groupe \u00bb.<br>\nUne ethnie ou famille ethnique est un ensemble d\u2019individus de m\u00eame \ncivilisation, notamment de langue et de culture communes. \u00ab L\u2019ethnie \nfran\u00e7aise englobe la Belgique Wallonne et la Suisse romande \u00bb. Il en est\n de m\u00eame de l\u2019ethnie espagnole, qui couvre les r\u00e9publiques de l\u2019Am\u00e9rique\n latine, et de l\u2019ethnie arabe, qui englobe les pays de l\u2019Orient arabe et\n de l\u2019Afrique du Nord.<br>\nUn peuple est un groupement organique qui peut correspondre a une \ncommunaut\u00e9 ethnologique ou ethnique, \u00e0 un Etat, \u00e0 une communaut\u00e9 \nlinguistique, culturelle, religieuse ; appliqu\u00e9 aux collectivit\u00e9s \nanciennes, le mot \u00ab peuple \u00bb est employ\u00e9 pour d\u00e9signer des familles \nethniques, et quelquefois des groupements politiquement organis\u00e9s : le \npeuple romain.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>2. Communaut\u00e9 linguistique<\/strong><br>\nLa communaut\u00e9 de langue, en d\u00e9pit de son importance, ne constitue \ncependant un \u00e9l\u00e9ment constitutif essentiel de la nation que l\u00e0 o\u00f9 la \npopulation y voit un crit\u00e8re de nationalit\u00e9.<br>\n\u00ab La langue, \u00e9crit Renan, invite \u00e0 se r\u00e9unir, mais elle n\u2019y force pas. \nLes Etats-Unis et l\u2019Angleterre, l\u2019Am\u00e9rique espagnole et l\u2019Espagne, \nparlent la m\u00eame langue et ne forment pas une seule nation. Au contraire,\n la Suisse, ai bien faite, puisqu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 faite par l\u2019assentiment de \nses diff\u00e9rentes parties, compte trois ou quatre langues \u00bb.<br>\nParler la m\u00eame langue ne signifie pas n\u00e9cessairement que les peuples \nsont d\u2019origine commune. D\u2019autre part, toute langue qui est le v\u00e9hicule \nd\u2019une grande culture d\u00e9borde les limites d\u2019une communaut\u00e9 ethnique ou \nnationale. Le fran\u00e7ais est parl\u00e9 dans une partie de la Belgique, de la \nSuisse, du Canada et au liati, l\u2019anglaise au Etats Unis d\u2019Am Unis \nd\u2019Am\u00e9rique, au Canada, en Australie, la portugais au Br\u00e9sil, l\u2019espagnol \ndans les r\u00e9publiques de l\u2019Am\u00e9rique du Sud, l\u2019arabe dans les divers pays \ndu monde arabe.<br>\nIl est incontestable que la langue est un facteur susceptible de cr\u00e9er \nune parent\u00e9 spirituelle, une civilisation commune. Une langue commune \ncr\u00e9e une fa\u00e7on de penser et une culture commune, mais non une communaut\u00e9\n nationale ou politique. On a dit que la langue est \u00ab patrie de l\u2019esprit\n \u00bb, de m\u00eame que la religion est \u00ab patri de l\u2019\u00e2me \u00bb. Mais la patrie tout \ncourt est autre chose. La patrie, qui n\u2019est pas tout \u00e0 fait la nation, \nc\u2019est le pays o\u00f9 l\u2019on est n\u00e9.<br>\nC\u2019est la nation \u00ab devenant, de la part de ses membres, l\\objet d\u2019une \nsorte de culte, \u00e0 base de reconnaissance et d\u2019amour \u00bb (Le Fur).<br>\nEnfin, l\u2019histoire nous montre que \u00ab le pr\u00e9jug\u00e9 qui enchaine race, \nlangue, culture et peuple \u00bb, m\u00eame facilement a l\u2019imp\u00e9rialisme et \u00e0 son \ncorollaire le racisme, id\u00e9ologie qui consid\u00e8re les nations \u00e9trang\u00e8res \ncomme des groupements ethniques inferieurs, qu\u2019il faudrait assujettir et\n dominer.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>3. Communaut\u00e9 religieuse<\/strong><br>\nDe m\u00eame que la langue, la religion, qui constitue un puissant lien \nsocial, n\u2019est un \u00e9l\u00e9ment essentiel de la communaut\u00e9 nationale que l\u00e0 o\u00f9 \nla population lui reconnait ce caract\u00e8re. La religion a puissamment aid\u00e9\n certains pays \u00e0 conserver leur nationalit\u00e9 au cours de plusieurs \nsi\u00e8cles d\u2019occupation \u00e9trang\u00e8re, mais, apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance, ces derniers\n ont transpos\u00e9 sur d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments les liens qui les unissent.<br>\nTel fut le cas des nationalit\u00e9s chr\u00e9tiennes des pays balkaniques qui \nvivent sous le joug musulman des sultans turcs ottomans. Apr\u00e8s leur \nind\u00e9pendance, ces derni\u00e8res report\u00e8rent sur d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments les \nconcepts de leur nationalit\u00e9 respective. Quant aux peuples de l\u2019Orient \narabe, qui, incorpor\u00e9s \u00e0 l\u2019Empire musulman des turcs ottomans, \npratiquaient la m\u00eame religion que ces derniers, c\u2019est la langue arabe \nqui leur permit de se distinguer de leurs dominateurs. Depuis \nl\u2019ind\u00e9pendance, les peuples arabes ont report\u00e9 sur le nationalisme et \nl\u2019unit\u00e9 arabes le concept de leur nationalit\u00e9.<br>\nMais la religion, comme, la langue, est un \u00e9l\u00e9ment secondaire dans la \nconstitution de l\u2019unit\u00e9 nationale. Ainsi, \u00ab la Suisse, malgr\u00e9 sa faible \nsuperficie, voit sa population r\u00e9partie en trois langues et en deux \nreligions principales et cependant le sentiment national y est tr\u00e8s vif ;\n c\u2019est un des cas o\u00f9 le vouloir-vivre collectif apparait le plus \nnettement \u00bb (Le Fur). On peut en dire autant du Canada, de la Belgique, \netc., ou les populations sont respectivement r\u00e9parties en deux religions\n principales et en deux langues.<br>\nPar contre, dans d\u2019autres contr\u00e9es et chez d\u2019autres groupes humains \nposs\u00e9dant une religion commune (pays et peuples de l\u2019Am\u00e9rique latine, \nmonde arabe, Arabie proprement dite), l\u2019h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 est au premier \nplan. L\u2019unit\u00e9 de croyance religieuse n\u2019a pas r\u00e9ussi \u00e0 fondre ces divers \npays et peuples en une m\u00eame collectivit\u00e9 nationale ou politique.<br>\nEn r\u00e9alit\u00e9, la puissance du lien religieux ne se manifeste avec \nefficacit\u00e9 que dans les soci\u00e9t\u00e9s primitives, attard\u00e9es ou en d\u00e9cadence \net, en g\u00e9n\u00e9ral, partout o\u00f9 le lien ethnique l\u2019emporte sur celui de la \ng\u00e9ographie et de la cit\u00e9.<br>\nLe lien religieux, comme le lien linguistique, est aussi un facteur \nd\u2019union lorsqu\u2019il s\u2019agit de lutter contre des dangers ext\u00e9rieurs \nrepr\u00e9sent\u00e9s par des groupes ethniques de religion ou de langues \ndiff\u00e9rentes. Mais la guerre et les dangers ext\u00e9rieurs \u00e9tant par \nd\u00e9finition temporaires, les rassemblent qu\u2019ils provoquent ne leur \nsurvivent pas d\u2019ordinaire.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>4. Civilisation ou culture.<\/strong><br>\nPas plus que la communaut\u00e9 ethnique ou religieuse, \u00ab la communaut\u00e9 de \ncivilisation \u00bb n\u2019implique pas n\u00e9cessairement l\u2019unit\u00e9 politique, ni m\u00eame \nune organisation sociale bien d\u00e9finie. Ce que nous montre, sur de vastes\n espaces, la pr\u00e9histoire,\u2026 ce sont des hommes semblables bien plus que \ndes hommes associ\u00e9s \u00bb. Il en est autrement des communaut\u00e9s nationales, \no\u00f9 les hommes associ\u00e9s ne sont pas n\u00e9cessairement des hommes semblables \net o\u00f9 \u00ab la soci\u00e9t\u00e9 prend corps\u2026 dans le sol, l\u00e0 surtout o\u00f9 l\u2019existence \ndevient s\u00e9dentaire\u2026 (Les individus) s\u2019associent, pr\u00e9cis\u00e9ment,\u2026 sous \nl\u2019impulsion des bienfaits de l\u2019entr\u2019aide, de l\u2019accroissement de vie qui \nen r\u00e9sulte pour eux \u00bb. L\u2019unit\u00e9 politique n\u2019est pas toujours l\u2019unit\u00e9 \nnationale ; elle en est m\u00eame souvent \u2018appos\u00e9, lorsqu\u2019elle est impos\u00e9 par\n la force ou la contrainte. \u00ab L\u2019imp\u00e9rialisme est volont\u00e9 \nd\u2019accroissement\u2026 Dans son principe, il est l\u2019oppos\u00e9 de l\u2019union pour la \nvie \u00bb (H. Berr).<br>\nLe pass\u00e9 et le pr\u00e9sent nous montrent que l\u2019unit\u00e9 politique, quand elle \nest uniquement fond\u00e9e sur la communaut\u00e9 linguistique, culturelle et \nreligieuse, n\u2019est jamais ni solide ni durable. Apr\u00e8s la conqu\u00eate \narabo-islamique, les nations g\u00e9ographiques et historiques de l\u2019Orient \nm\u00e9diterran\u00e9en, arabis\u00e9es et islamis\u00e9es, ne tard\u00e8rent gu\u00e8re \u00e0 manifester \nleurs aspirations s\u00e9paratistes et \u00e0 restaurer leurs individualit\u00e9s \ncollectives et leurs personnalit\u00e9s nationales et politiques respectives.\n Et ce fut toujours par la force des armes que ces diverses nations \nfurent continuellement replac\u00e9es sous l\u2019autorit\u00e9 politique des califes. \nIl en fut de m\u00eame des peuples de m\u00eame culture, dans toutes les parties \nde monde.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>5. L\u2019Etat.<\/strong><br>\nUne autre conception, qui minimise la notion du vouloir-vivre collectif,\n met en vedette un crit\u00e8re objectif, celui de pouvoir politique, d\u2019Etat.\n Pour les adaptes de cette th\u00e8se, l\u2019Etat c\u2019est l\u2019incarnation de la \nnation, la nation personnifi\u00e9e, l\u2019Etat-nation.<br>\nEn r\u00e9alit\u00e9, l\u2019Etat n\u2019est qu\u2019un \u00e9l\u00e9ment constitutif de la nation \nind\u00e9pendante et souveraine. C\u2019est l\u2019organisme politique en lequel se \nconcentrent les pouvoirs et les droits de la puissance publique. \nDistincte de la nation, dont elle n\u2019est que l\u2019instrument et la \nmanifestation visible, l\u2019entit\u00e9 Etat se confond avec celle-ci dans les \nrapports avec l\u2019ext\u00e9rieur. D\u2019autre part, un Etat, on l\u2019a dit, peut \ncomprendre plusieurs nations, de m\u00eame qu\u2019une m\u00eame nation peut \u00eatre \nr\u00e9partie entre plusieurs Etats. D\u2019o\u00f9 l\u2019existence des Etats-empires.<br>\nQuant \u00e0 l\u2019Etat simple ou Etat-nation, vers la nation duquel \u00e9volue le \nmonde moderne, encore faut-il qu\u2019il r\u00e9unisse, lui aussi, les \u00e9l\u00e9ments \nessentiels qui constituent la nation. \u00ab L\u2019Etat-nation implique \ngroupement d\u2019hommes et accord de volont\u00e9s, une population coh\u00e9rente et \nconsentante \u00bb. Faute de quoi, l\u2019Etat-nation n\u2019est dans le fond, qu\u2019un \nEtat-empire, un pouvoir politique impos\u00e9 par un groupe vainqueur et \ngouvernant \u00e0 un groupe vaincu et gouvern\u00e9. L\u2019objectif principal de cet \u00ab\n Etat de classes \u00bb, c\u2019est la domination politique et l\u2019exploitation \n\u00e9conomique de groupe des sujets par le groupe des ma\u00eetres. Ce genre \nd\u2019Etat, qui ne se maintient g\u00e9n\u00e9ralement que par la contrainte, est \nessentiellement fragile. Les groupes sociaux qui y sont incorpor\u00e9s \ncontre leur gr\u00e9, agissant comme des virus, risquent \u00e0 tout moment d\u2019un \nd\u00e9truire l\u2019organisme.<br>\nEn conclusion, les concepts de races, de langue, de culture, de \nreligion, d\u2019Etat, etc., ne constituent des \u00e9l\u00e9ments essentiels de la \ncommunaut\u00e9 nationale que s\u2019ils sont ciment\u00e9s par le vouloir-vivre \ncollectif, librement et clairement exprim\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>2. La nation ou peuple, aux \u00e9poques anciennes<\/strong><br>\nSi la nation de nation, sous le terme que nous utilisons aujourd\u2019hui, a \n\u00e9t\u00e9 formul\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9poque moderne, l\u2019existence des nations est ant\u00e9rieure \u00e0\n l\u2019histoire. Elle remonte au jour o\u00f9 les premiers groupes humains \nprotohistoriques, compos\u00e9s de chasseurs et de pasteurs stabilis\u00e9s dans \nune m\u00eame r\u00e9gion g\u00e9ographique, ont combin\u00e9 leurs efforts pour l\u2019entretien\n ou la d\u00e9fense de leur existence : besoin de nourriture et lutte contre \nles b\u00e2tes sauvages ou les autres hommes. Le cas de coop\u00e9ration \nconsciente le plus fr\u00e9quent d\u2019abord est celui de la guerre. \u00ab La guerre a\n \u00e9t\u00e9 l\u2019un des \u00e9l\u00e9ments les plus puissants de l\u2019unification des peuples \u00bb\n (Charnay).<br>\nEn passant du stade de la vie nomade, o\u00f9 l\u2019homme appartient \u00e0 une tribu \nou peuplade errante, \u00e0 celui de la vie agricole, urbaine et s\u00e9dentaire, \nqui fixe l\u2019homme et son groupe au soi, la nation devient de plus en plus\n une \u00ab expression g\u00e9ographique \u00bb. La fixation au sol et la coop\u00e9ration \nqu\u2019elle implique ont pour effet de mieux incorporer l\u2019homme \u00e0 son groupe\n et d\u2019int\u00e9grer plus solidement le groupe \u00e0 son territoire.<br>\nCe groupement primitif (tribu peuplade, f\u00e9d\u00e9ration de clans et de tribu,\n peuple, etc.) dont les individus sont g\u00e9n\u00e9ralement unis par la \ncommunaut\u00e9 d\u2019origine, a parent\u00e9 raciale, des ressemblances physiques, \ndes affinit\u00e9s morales, une parent\u00e9 linguistique, religieuse, etc., \nsuppose la r\u00e9union de toutes ces conditions ou de quelques-unes d\u2019entre \nelles.<br>\nAu fur et \u00e0 mesure que l\u2019humanit\u00e9 primitive \u00e9volue, cours des si\u00e8cles et\n des mill\u00e9naires pass\u00e9s, que les divers groupements sociaux se m\u00ealent ou\n se m\u00e9langent et que la vie \u00e9conomique, sociale et politique devient \nplus complexe, la race, la langue, la religion, le territoire, le \ngouvernement, etc., ont toujours aid\u00e9 les hommes \u00e0 se constituer de plus\n en plus \u00e0 l\u2019\u00e9tat de nation. Mais le r\u00f4le et l\u2019importance de chacun de \nces \u00e9l\u00e9ments, comme lien national, ont souvent vari\u00e9, suivant les pays, \nles groupements, les circonstances et les \u00e9poques.<br>\nOn a pr\u00e9tendu qu\u2019il n\u2019y avait pas de nationalit\u00e9 chez les peuples de \nl\u2019antiquit\u00e9, \u00e0 cause de l\u2019esclavage, de l\u2019existence des castes, des \nclasses, privil\u00e8ges, etc., au sein d\u2019un m\u00eame groupement social. C\u2019est l\u00e0\n \u00e9videmment une vue tr\u00e8s \u00e9troite de l\u2019histoire. L\u2019in\u00e9galit\u00e9 des \nconditions sociales n\u2019est gu\u00e8re inconciliable avec la notion de la \ncommunaut\u00e9 nationale. Si, dans les soci\u00e9t\u00e9s ind\u00e9pendantes d\u2019autrefois, \npeu d\u2019hommes avaient le privil\u00e8ge de la libert\u00e9 ou de l\u2019\u00e9galit\u00e9, \u00ab ces \nhommes-l\u00e0, m\u00eame au nombre infiniment restreint, repr\u00e9sentaient, dans \nleur groupe, dans leur soci\u00e9t\u00e9, la vie nationale\u2026 Et lorsqu\u2019un accident \nquelconque, la guerre le plus souvent, venait les troubler dans la \njouissance des biens qu\u2019ils poss\u00e9daient en commun, il s\u2019ensuivait une \nr\u00e9action, l\u2019\u00e9veil de cette id\u00e9e qui est aujourd\u2019hui le principe des \nnationalit\u00e9s et n\u2019est pas douteux que cette r\u00e9action n\u2019ont sa \nr\u00e9percussion dans les couches moins sensibles, mais relativement \nsolidaires, de la population asservie\u2026 Il s\u2019agissait de d\u00e9fendre la \nlibert\u00e9 collective bien plus que la libert\u00e9 des individus. L\u2019histoire de\n l\u2019Egypte, de la Gr\u00e8ce, de Rome, etc., dans les temps anciens, est \ninstructive \u00e0 cet \u00e9gard.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>3. La nation moderne.<br>\na. D\u00e9finition de la nation.<\/strong><br>\nLa nation moderne, on l\u2019a dit, est une formation complexe qui r\u00e9unit un \nnombre d\u2019\u00e9l\u00e9ments, dont les uns sont essentiels et les autres \nsecondaires. Les \u00e9l\u00e9ments essentiels, qui sont n\u00e9cessaires pour que la \nnation existe, se ram\u00e8nent \u00e0 la volont\u00e9 librement exprim\u00e9e des individus\n qui composent un groupement social, de vivre en commun dans un \nterritoire d\u00e9fini. Cette d\u00e9finition implique un \u00e9l\u00e9ment subjectif \n9volont\u00e9 de vie commune) et un \u00e9l\u00e9ment objectif (territoire).<br>\n\u00ab D\u2019une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, il faut la fusion des \u00e9l\u00e9ments subjectif et \nobjectif pour cr\u00e9er une nation homog\u00e8ne,\u2026 la pr\u00e9dominance des notions de\n race, de langue ou de droit historique m\u00e8ne facilement \u00e0 l\u2019imp\u00e9rialisme\n \u00bb (Le Fur). \u00ab L\u2019homme n\u2019est esclave ni de sa race, ni de sa langue, ni \nde sa religion, ni du cours des fleuves, ni de la direction des cha\u00eenes \nde montagnes. Une grande agglom\u00e9ration d\u2019hommes, saine d\u2019esprit et \nchaude de c\u0153ur, cr\u00e9e une conscience morale qui s\u2019appelle une nation \u00bb \n(Renan).<br>\nLa race, la langue, la culture, la religion, l\u2019histoire. Etc., qui sont \ndes \u00e9l\u00e9ments objectifs et secondaires, des \u00e9l\u00e9ments d\u2019appoint, \nconcourent \u00e0 cr\u00e9er \u00ab la volont\u00e9 de vie commune \u00bb, mais ne d\u00e9terminent \npas n\u00e9cessairement l\u2019\u00e9tat de nation. Une nation peut, en effet, \ncomporter un certain nombre de races, de sous-races, de tribus, \nd\u2019ethnies, de peuples, de langues, de cultures, de religions \ndiff\u00e9rentes. Elle peut m\u00eame survivre, lorsqu\u2019elle est soumise \u00e0 une \nnation ou \u00e0 un Etat \u00e9trangers, de m\u00eame qu\u2019un m\u00eame Etat peut comprendre \nplusieurs nations. D\u2019autre part, si toutes les nations ne jouissent pas \nn\u00e9cessairement de leur autonomie politique, par contre toutes les \nnations asservies ou soumises aspirent \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance.<br>\nIl est donc difficile de donner du mot \u00ab nation \u00bb une d\u00e9finition \nabsolument logique et satisfaisant, qui puisse s\u2019appliquer \nindiff\u00e9remment \u00e0 toutes les nations, tant sont vari\u00e9es les formes de \ncette communaut\u00e9 complexe. Les facteurs essentiels qui concourent \u00e0 la \nconstitution des nations modernes et qui encha\u00eenent entre eux les \nindividus et les g\u00e9n\u00e9rations d\u2019une communaut\u00e9 nationale ne sont pas, \ndans les diverses nations et aux diverses \u00e9poques de leur \u00e9volution \nrespective, ni les m\u00eames ni de la m\u00eame nature. \u00ab Tant\u00f4t la race, tant\u00f4t \nla langue, tant\u00f4t le territoire, tant\u00f4t les souvenirs, tant\u00f4t les \nint\u00e9r\u00eats insistent diversement l\u2019unit\u00e9 nationale d\u2019une agglom\u00e9ration \nhumaine organis\u00e9e. La cause profonde de tel groupement peut \u00eatre \nd\u2019esp\u00e8ce toute diff\u00e9rente de la cause de tel autre \u00bb.<br>\nEn effet, il est des nations compos\u00e9es de races essentiellement \ndistinctes (Blancs et Noirs aux Etats Unis, Blancs et Jaunes en \nU.R.S.S.) ; il on est d\u2019autres o\u00f9 l\u2019on parle plusieurs langues (Suisse, \nBelgique, Canada), o\u00f9 l\u2019on pratique plusieurs religions (Suisse, Canada,\n Russie) ; des peuples parlant la m\u00eame langue n\u2019appartiennent pas \u00e0 la \nm\u00eame nation (Anglais et Am\u00e9ricains du Nord ; Espagnols et Am\u00e9ricains du \nSud ; Fran\u00e7ais et Vallons belges ou Genevois suisses ; Allemands et \nAutrichiens, etc.). Enfin, on voit les cultes et les croyances \nreligieuses les plus diverses pratiqu\u00e9es c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te dans le sien d\u2019une \nm\u00eame nation (Russie, Yougoslavie, Egypte, Liban, etc.).<br>\nEn conclusion, la nation moderne est une entit\u00e9 complexe, un groupement \nde familles diverses et volontairement f\u00e9d\u00e9r\u00e9es, qui forme, dans le \ncadre d\u2019une r\u00e9gion naturelle ou historique d\u00e9termin\u00e9e, un corps \norganique et coh\u00e9rent, une famille nationale. Son homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 ethnique \net culturelle est, en g\u00e9n\u00e9ral, fonction de l\u2019homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 g\u00e9ographique de\n son territoire. Les possibilit\u00e9s \u00e9conomiques de ce dernier favorisent \nle d\u00e9veloppement d\u2019aptitudes sp\u00e9cialis\u00e9es qui, transpos\u00e9es dans la vie \ncourante, d\u00e9termine un genre de vie, des occupations, des habitudes, en \nun mot des caract\u00e8res sociaux et culturels particuliers. Dans cette \nunion des hommes et du territoire, ce dernier forme en quelque sorte le \ncorps, tandis que le groupement humain en est l\u2019\u00e2me et l\u2019esprit.<br>\nNous savons que les caract\u00e8res humains, individuels et collectifs, sont \nmodel\u00e9s et fa\u00e7onn\u00e9s par l\u2019h\u00e9r\u00e9dit\u00e9 et le milieu physique. Lorsque \u00ab le \nmonde ambiant est plus puissant que le peuple qui s\u2019y encastre, il n\u2019en \nva pas autrement de ce peuple que de l\u2019individu : il s\u2019y adapte, non \nseulement ext\u00e9rieurement, mais encore int\u00e9rieurement \u00bb (H. de \nKeyserling).<br>\nUne contr\u00e9e morcel\u00e9e par la nature et dont les r\u00e9gions diff\u00e9rent par le \nclimat, la configuration du sol, la situation g\u00e9ographique, favorise \ndifficilement la formation d\u2019une nation organique. Cependant, l\u2019ensemble\n de ces r\u00e9gions dissemblables, qui groupent d\u2019ordinaire des peuples ou \nnations et parfois des Etats respectivement distincts, mais associ\u00e9s ou \nf\u00e9d\u00e9r\u00e9s, forme, sous la direction d\u2019un Etat f\u00e9d\u00e9ratif ou f\u00e9d\u00e9ral, une \ncommunaut\u00e9 nationale, une sorte de super-nation, constitu\u00e9e, \u00e0 l\u2019exemple\n de la nation simple, par la volont\u00e9 des nations f\u00e9d\u00e9r\u00e9es de vivre \nensemble sur un territoire et en un Etat communs. On a justement d\u00e9fini \nle Canada par la formule suivante : \u00ab deux peuples, une nation \u00bb.<br>\nL\u2019histoire nous montre d\u2019ailleurs que les Etats f\u00e9d\u00e9raux sont des \nformations politiques essentiellement temporaires, qui \u00e9voluent \ng\u00e9n\u00e9ralement, apr\u00e8s un temps plus ou moins long, soit vers la fusion \ntotale en un seul Etat unitaire et centralis\u00e9 ou Etat-nation, soit, mais\n rarement, vers la s\u00e9cession, qui am\u00e8ne les Etats f\u00e9d\u00e9r\u00e9s \u00e0 se s\u00e9parer \nde la f\u00e9d\u00e9ration, en vue de former des Etats respectivement distincts ou\n de se r\u00e9unir \u00e0 un autre Etat.<br>\nD\u2019autre part, un pouvoir politique puissant et vigoureux, qui r\u00e9unit par\n la force ou la contrainte des pays et des peuples divers, forme, non un\n Etat-nation ni un Etat f\u00e9d\u00e9ral, mais un Etat-empire, o\u00f9 l\u2019ensemble des \npopulations qui le composent constitue, non une communaut\u00e9 nationale ou \nnation, mais un agglom\u00e9rat de groupes ethniques, nationaux ou sociaux, \ndont l\u2019un d\u2019entre eux, se posant en Etat-nation souverain, se superpose \naux autres et les assujettit, pour les gouverner ou les exploiter. Cr\u00e9\u00e9s\n g\u00e9n\u00e9ralement par la force, les Etats-empires disparaissent d\u2019ordinaire \navec les causes qui les avaient forg\u00e9s, \u00e0 moins que la volont\u00e9 des \nnations subjugu\u00e9es n\u2019en d\u00e9cide autrement.<br>\nEnfin, la patrie, on l\u2019a dit, n\u2019est pas tout \u00e0 fait la nation : c\u2019est le\n pays o\u00f9 l\u2019on est n\u00e9, la terre \u00e0 laquelle on appartient, o\u00f9 reposent les\n anc\u00eatres et que l\u2019on aime par-dessus tout. Elle est \u00ab la synth\u00e8se de \ntous les \u00e9l\u00e9ments pr\u00e9c\u00e9dents \u00bb.<br>\n<strong>b. Le territoire national.<\/strong><br>\nNous avons vu que le milieu physique exerce une influence sur les \nhommes, qu\u2019il fa\u00e7onne leurs caract\u00e8res ethniques, qu\u2019il a r\u00e9percussion \nsur leurs sentiments et aux leurs actes et que les comportements du \ngroupement social traduisent en partie le temp\u00e9rament des individus qui \nle composent. Nous savons aussi qu\u2019un milieu g\u00e9ographique plus ou moins \nindividualis\u00e9 (r\u00e9gion naturelle ou r\u00e9gion historique) contribue \u00e0 la \nformation d\u2019un groupement humain plus ou moins homog\u00e8ne et favorise \nl\u2019\u00e9laboration et le d\u00e9veloppement d\u2019une communaut\u00e9 nationale ou \npolitique, en imprimant aux divers groupements ethniques qui la \ncomposent une unit\u00e9 psychologique plus ou moins organique et distincte \net en suscitant chez ces groupements le d\u00e9sir et la volont\u00e9 de vivre en \ncommun et de coop\u00e9rer dans la lutte pour l\u2019existence. Ce milieu \ng\u00e9ographique, cette r\u00e9gion naturelle ou historique, c\u2019est le territoire \nnational.<br>\nLe territoire d\u2019une nation n\u2019est donc pas seulement l\u2019espace terrestre \nsur lequel elle vit et o\u00f9 les organes politiques exercent leurs \npouvoirs. \u00ab La terre fournit le substratum, le champ de la lutte et du \ntravail, l\u2019homme fournit l\u2019\u00e2me \u00bb (Renan). Les individus qui font partie \nde la nation sont les enfants d\u2019une partie territoriale, d\u2019une \nm\u00e8re-patrie, plut\u00f4t que les descendants lointains d\u2019un anc\u00eatre commun, \nhistorique ou mythique, r\u00e9el ou suppos\u00e9. Ils sont compatriotes ou \nconcitoyens les uns des autres, sans \u00eatre n\u00e9cessairement pour cela, \ncomme chez les tribus primitives, nomades ou semi-nomades, cong\u00e9n\u00e8res ou\n coreligionnaires.<br>\nLe lien national qui lie entre eux ces associ\u00e9s s\u00e9dentaires est donc plus g\u00e9ographique que linguistique, culturel ou religieux.<br>\nL\u2019histoire nous montre que, si \u00ab la guerre a \u00e9t\u00e9 l\u2019un des \u00e9l\u00e9ments les \nplus puissants de l\u2019unification des peuples,\u2026 (cette unification) se \nconfond \u00e0 peu pr\u00e8s compl\u00e8tement avec un autre \u00e9l\u00e9ment : la forme du \nterritoire \u00bb (Charny). Le mot pays d\u00e9signe \u00ab un territoire habit\u00e9 par \nune collectivit\u00e9 et constituant, avec sa population, une r\u00e9alit\u00e9 \ng\u00e9ographique d\u00e9nomm\u00e9e \u00bb. Les deux notions de pays et de r\u00e9gion \u00ab ont \nceci de commun, qu\u2019ils expriment, l\u2019une et l\u2019autre, des individualit\u00e9s \nou\u2026 des groupes naturels, dans lesquels entre un \u00e9l\u00e9ment humain \u00bb.<br>\nNous avons vu qu\u2019entre une terre et le peuple qui l\u2019habite depuis plus \nou moins longtemps, se forment des relations r\u00e9ciproques et plus ou \nmoins entrem\u00eal\u00e9es. \u00ab Si ce peuple est composite, s\u2019il fut form\u00e9 \nd\u2019apports successifs au cours des \u00e2ges, les combinaisons se multiplient\u2026\n Qu\u2019il s\u2019agisse de sa constitution ethnique, qu\u2019il s\u2019agisse de sa \nconstitution psychologique, ce peuple est\u2026 une cr\u00e9ation d\u2019une certaine \ndonn\u00e9e g\u00e9ographique \u00bb (P. Val\u00e9ry). \u00ab Le pays o\u00f9 s\u2019est form\u00e9e la nation \nfran\u00e7aise a agi sur elle \u00e0 la fois par sa nature, qui a d\u00e9termin\u00e9 le \ngenre de vie des habitants, et par sa position, qui a d\u00e9cid\u00e9 les \nrelations de son peuple avec les autres peuples du monde \u00bb (Seignobos).<br>\n\u00ab Nul se conteste qu\u2019il n\u2019existe un rapport entre une civilisation \nhistorique et la terre sur laquelle elle se d\u00e9veloppe \u00bb (Delas). La \ncivilisation pharaonique est inconcevable sans la vall\u00e9e du Nil ; il en \nest de m\u00eame des civilisations babylonienne et arabo-abb\u00e2sside, qui sont \nins\u00e9parables de la configuration et de la situation g\u00e9ographique des \nterres alluviales du bassin du Tigre-Euphrate \u00bb. L\u2019histoire de la \nPh\u00e9nicie antique et du Liban moderne serait impensable sans le complexe \ng\u00e9ographique constitu\u00e9 par un massif montagneux qui surplombe la \nm\u00e9diterran\u00e9e orientale, au centre d\u2019une contr\u00e9e qui forme un carrefour \nde routes internationales, entre les trois continents du vieux monde. \nDans l\u2019\u00e9volution historique multimill\u00e9naire de ces diverses soci\u00e9t\u00e9s, le\n r\u00f4le de la race, de la langue, de la religion, de la culture, est \nsubordonn\u00e9 \u00e0 celui du territoire.<br>\nEn conclusion, le territoire est un \u00e9l\u00e9ment essentiel de la nation et de\n l\u2019Etat. La tribu nomade elle-m\u00eame en a un : c\u2019est celui o\u00f9 elle campe \net se d\u00e9place. C\u2019est gr\u00e2ce aux caract\u00e8res particuliers dont le \nterritoire marque l\u2019ensemble des individus qui composent une communaut\u00e9 \nnationale que celle-ci se distingue de celles qui l\u2019entourent et tend \u00e0 \nse d\u00e9velopper parall\u00e8lement \u00e0 ces derni\u00e8res et souvent \u00e0 leur exclusion.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. Influence du milieu physique sur les soci\u00e9t\u00e9s humaines \u00ab L\u2019histoire humaine plonge par toutes ses racines\u2026 dans la r\u00e9alit\u00e9 mat\u00e9rielle terrestre\u2026 sur la carte du monde, les grandes taches d\u2019humanit\u00e9 vivante se marquent longtemps aux m\u00eames places\u2026 Les formes organis\u00e9es de l\u2019activit\u00e9 humaine doivent toujours, pour durer, correspondre soit \u00e0 des moies, soit du [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":173,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"class_list":["post-172","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-french"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/jawad-boulos.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/172","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/jawad-boulos.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/jawad-boulos.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/jawad-boulos.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/jawad-boulos.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=172"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/jawad-boulos.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/172\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":174,"href":"https:\/\/jawad-boulos.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/172\/revisions\/174"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/jawad-boulos.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/173"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/jawad-boulos.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=172"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/jawad-boulos.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=172"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/jawad-boulos.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=172"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}